Schatzi m'a envoyé un mail le mois dernier, je n'ai pu le lire que ce soir. Je n'en étais pas moins ravie.
Je pense au soleil, à la mer, aux palmiers de Barcelona, à las callejueras de la Espana de mi mente, je pense aussi yaourt à la cannelle, peau à protéger, lunettes de soleil, robes, baisers dans l' herbe, bruit des vagues et lecture à l'ombre. Je pense tout ça, je pense vacaciones mais je pense BAC, aussi. Forcément. Plus on avance moins j'ai peur, wie komisch, ne? Plus on avance, moins il est absent. Et pourtant. Quatre mois qu'il n'est plus là. Passages à vide, passages ou passades, qui ne passent finalement pas... Il y aura le soleil, il y aura nos cuisses humides sur ces chaises en bois vernis, la feuille d' examen sous les yeux, les idées désorganisées plein la tête. Les figures des professeurs géniaux resteront gravées. Pas difficile, ils seront peu, là haut, dans un coin de notre cerveau. Je parle au pluriel parce que pour elle c'est pareil. Elle c' est pareil que moi un peu, beaucoup, elle me conjugue à un autre temps, on dirait presque. Quand je pense à toutes ces années, si belles et si fragiles dont ont a su profiter comme jamais on ne profitera encore. C'est sûr, on ne peut pas égaler cette intensité. La première, mon arrivée ici, l'image de "la nouvelle qui revient d'Allemagne", notre admiration pour duracel (Cricri pour les plus intimes) les allers-retours interminables à l'infirmerie, toute l' aventure anti CPE et notre lutte solidaire, la salamandre, l'été de la dordogne. La terminale, les folles journées, les prises de gueule ac Yann R, Robert, les exclusions du cours, le clan des Quenouilles, la naissance du chat, Gégé et le Sri-Lanka. Et puis le 2 juillet 2007, la chute, la fin, la claque, les larmes, Lolo Bily et moi, le parc de la média, la crise nerf, la colère, la prise de conscience, le regret, le principe de réalité. Dur retour à la vie, mais indispensable. Une année qui m' avait encore fait grandir. Mon chemin à moi, celui que, quelque part j'avais décidé de prendre sans le savoir.
A tous ceux qui se reconnaissent entre ces pauvres lignes, à tous ceux qui étaient à mes côtés, à ceux qui m'ont connue avant, pendant et après.
A ceux qui m'ont innocemment permis de grandir, ceux qui m'ont soutenue et rassurée.
A ceux à qui j'ai tourné le dos parfois aussi, à ceux à qui j'ai mal parlé, à ceux que j'ai rencontrés ou bien revus.
A ceux qui savent, ce que l'on a vécu. Ensemble, ou bien séparément.
A ceux qui m'ont entendu pleurer et qui ont fait semblant. Je leur montrerai de quoi je suis capable cette année.
A ceux qui ont été malheureux pour moi, et ceux qui ont été durs avec moi, même dans ce moment là.
A ceux qui m'ont entendu pleurer et qui m'ont tendu leurs bras. Je leur montrerai que c'est un peu grâce à eux que je veux m'en sortir, réussir, et que maintenant je sais ce que confiance en soi veut dire.
A ceux que j'ai aimés et que je ne peux plus aimer parce que ce temps est révolu.
A ceux que j'ai aimés et que j'ai souhaité réapprendre à aimer.
A Lolo, Sala et Bily.
Et à tant d'autres aussi.