C' était particulier, depuis jeudi. Les bonnes et mauvaises journées alternent. Et tout m' échappe, et tu m' échappes. Le dîner rue du sergent escoffier avec la moussaka de mamounia, et le vin de papa. Tout était parfait. Le cadeau, la surprise, la petite rose. Tout. Tes mots, tes gestes, tes regards, toi, La nuit, tout. Mon corps contre le tien, ton coeur contre le mien. Tout. Vendredi arrivait alors et je sentais que mon humeur allait vite se renverser. La fatigue se faisant ressentir de plus en plus, la dispute n' était pas loin, les mots de travers non plus, donc. Ce fichu devoir de philosophie achevé en deux petites heures de rien du tout, et au bout du compte, du grand n' importe quoi. Vendredi soir, nous sommes un peu sortis, l' ambiance était à nouveau bonne, je cessais alors de tirer une tête de six pieds de long, je souriais à nouveau devant ma bière. Je serais bien restée, moi. Mais tu travaillais et je devais me lever le lendemain matin, il est vrai. Passage à vide dans l' après- midi du Samedi, pont de l' orne, clopes et discussions puffesques. Le soir Ma Grosse a déboulé avec La jolie Nouze. Ca m' a fait un bien fou, sur le moment. Tu es resté pour prendre l' apéritif avec nous. Et puis dimanche c' était à nouveau lourd, je ne sais pas vraiment pourquoi. J' en avais à nouveau ma claque, la famille m' étouffait alors. Nous nous sommes retrouvés et puis j' ai craqué. Je me suis enfuie chez toi et tout ce bruit m' a fait du bien. Les enfants, la présentation que tu as fait de moi, ton "amoureuse ", babar, et le repas familial. Tout ça me fait sourire. Je m' excuse, de ne pas toujours être de bonne humeur, je m' en veux d' avoir un si mauvais caractère, de n' accepter aucune remarque, aucune critique, désolée aussi si je fous tout en l' air, je suis si maladroite. Mais hier j' ai pris conscience une fois encore que tu es là pour supporter tout ça, c' est- à- dire pour me supporter moi. J' ai voulu cacher ma douleur, mais cette fois c' en était trop. J' avais besoin de parler et de pleurer, certainement aussi. J' ai trouvé tes bras, je m' y suis installée. J' ai pu mettre des mots sur les maux. Jamais plus il ne reviendra. Il faut que je grandisse: accepter la mort, parce qu' elle fait partie de la vie. Une nuit dans tes bras, et me voilà repartie. Sagap'o