Dormir me fait du bien, dormir me fait renaître presque. La semaine est à sa moitié, nous en avons bientôt fini pour cette fois avec toutes ces questions et autres dissertations. Je vais mieux, je me sens soulagée. Elle m' a attendue ce matin avant l' épreuve, nous avons fumé séparément et commencé à discuter, alors qu' il n' était que neuf heures. Nous sommes arrivées à la bourre en littérature -mais pas en retard, les autres étaient là en avance, c' est tout - avec l' atroce stress que nous ne connaissions pas même l' année dernière. C' est incroyable, mais nous nous étions présentées à l' épreuve du Baccalauréat très sereinement. Comme si nous entrions dans une boulangerie pour y réclamer une simple baguette. Seulement on avait pas réalisé, d' autres s' étaient appliqués, pas nous, alors notre pain on y a pas eu droit. Aujourd' hui tout est différent ou presque. On sort raisonnablement, on révise beaucoup, on apprend sérieusement, on participe, on s' intéresse, on s' investit. Et c' est bien mieux, parce qu' en fin de semaine au moins on sait pourquoi la fatigue se rappelle à nous. Et puis il y a lui. Je l' aime chaque jour plus, sans doûte. Même si parler en terme de quantité peut paraître fou, même si c' est fou d' ailleurs. Parler d' un week- end ailleurs, juste ça, me fait me dire que ce que je vis est magnifique, et que je me dois, instant après instant profiter et estimer fortement tout ce bonheur qui m' envahit. J' aime me préparer, enfiler ma robe rayée qu' il aime tant ou bien ma jupe en jean. Changer de boucles d' oreille assez souvent, ou bien essayer d' associer les couleurs parfaitement (et pourtant c' est dire si ça m' est difficile! ). Penser Angers, Caen, Le Havre. Pour lui. Etre dans le flou, pour lui. Projeter quand même. Penser vacances, soleil, soirées. Penser week- end en Bretagne et maison des parents au bois de pin. Penser kouign amann, gâteau breton, guin ru et Granp'. Penser Pointe de Trévignon, Trénez et les glaces au melon. Ou bien pailled'or framboise sur le sable. Kayak de mer et crème solaire. On en est loin encore. J' ai envie de partir, de vivre autre chose et l' année prochaine ne s' annonce pas si simple que j' aurais pu le penser. Mais la vie n' est jamais simple. Sinon pourquoi vivre? Je pense travailler encore ce soir, relire mes cours, faire des fiches. Occuper mon temps libre. Ce soir je suis libre, demain je dormirai profondément. Je me lèverai à l' heure que je désire. Je prendrai un bon gros petit déjeuner, elle arrivera et nous prendrons un café sur la terrasse. Espérons que le soleil revienne, les jours sont tellement tristes. Je n' aime pas l' hiver, je supporte encore plus difficilement le froid sans soleil. Les oiseaux m' agacent, ils émettent un son affreux, qu' à force, je ne supporte plus. Alors que d' autres le trouve agréable. Je ne suis pas les autres.