Le froid, le plan d' eau, les canards et Nous.

On a beau se dire toutes ces choses, rien ne peut nous en empêcher. Les futurs bambins d' éducs- spé, ils nous restent en mémoire. Lo que me sorprende y que me toca a la vez en nuestra vida cuotidiana es la sencillez de estos momentos. La sencillez de tu boca sobre mi suya, sobre mi cuerpo, sobre mi piel. Mirarte todo el tiempo. Sentirte colorado. No tomarse en serio pero casi. Creer en nosotros. Quererte sobre todo. Me gusta querer, me gustas tu. M' habiller de tes mains, me réchauffer par ton sourire. Respirer grâce à tes baisers. Je ne sais pas si à ce moment précis, où j' avais décidé de poser ma tête sur ton épaule, je comprenais pourquoi je le faisais. L' envie était, et c' est tout finalement. Savoir pourquoi à des moments l' on a envie, à d' autres non, c' est compliqué. Il n' y a pas d' explication possible, en réalité. Je ne trouve toujours pas de réponses à mes questions. Pourquoi nous tournent- ils le dos? Pourquoi font- ils les morts alors qu' eux, sont bien en vie? Ne pas même manifester une once de solidarité dans ces moments si cruels. Accepter de voir les siens partir sans le soutien de ces personnes en qui je crois, coule le même sang que moi. Quasiment quinze ans que j' ai tiré un trait parce que j' ai compris. L' esprit de famille ils ne l' ont pas, ils ne connaissent même pas. La seule chose que je pourrais regretter à l' heure d' aujourd' hui c' est de ne pas avoir su tout balancer, tout jeter, ma colère, mon incompréhension et ma profonde haine même. En pleine figure. Etre impulsive comme je sais si bien faire. A cinq ans ce n' est pas facile. Peut- être n' y aurait- il même pas eu de réaction, rien en face. Je le ferai un jour sans doûte, un jour où j' aurais le courage. Le jour où il ne sera plus là non plus. Pour lui, et tout ce qu' ils lui ont fait subir. Je sais combien il a eu mal par leur faute. J' ignore en revanche comment ils en sont arrivés là, ce qui a pu se passer avant. Mais jamais je ne pourrai oublier. Et puis pour lui, je n' oublierai certainement pas. Je sais qui sont mes proches, je sais que le lien du sang ne veut pas dire grand chose dans le fond. Je me comprends, eux non. Sûrement pas. Nous n' appartenont pas à la même famille, même si. Bientôt j' essaierai à nouveau de comprendre, encore je me tromperai, c' est évident. Mais l' espoir brûle encore tout au fond de moi et on ne peut pas me retirer ça. Je ne veux pas quitter le monde sans le comprendre.

# Posté le jeudi 31 janvier 2008 14:52

Je me souviens.


Dormir me fait du bien, dormir me fait renaître presque. La semaine est à sa moitié, nous en avons bientôt fini pour cette fois avec toutes ces questions et autres dissertations. Je vais mieux, je me sens soulagée. Elle m' a attendue ce matin avant l' épreuve, nous avons fumé séparément et commencé à discuter, alors qu' il n' était que neuf heures. Nous sommes arrivées à la bourre en littérature -mais pas en retard, les autres étaient là en avance, c' est tout - avec l' atroce stress que nous ne connaissions pas même l' année dernière. C' est incroyable, mais nous nous étions présentées à l' épreuve du Baccalauréat très sereinement. Comme si nous entrions dans une boulangerie pour y réclamer une simple baguette. Seulement on avait pas réalisé, d' autres s' étaient appliqués, pas nous, alors notre pain on y a pas eu droit. Aujourd' hui tout est différent ou presque. On sort raisonnablement, on révise beaucoup, on apprend sérieusement, on participe, on s' intéresse, on s' investit. Et c' est bien mieux, parce qu' en fin de semaine au moins on sait pourquoi la fatigue se rappelle à nous. Et puis il y a lui. Je l' aime chaque jour plus, sans doûte. Même si parler en terme de quantité peut paraître fou, même si c' est fou d' ailleurs. Parler d' un week- end ailleurs, juste ça, me fait me dire que ce que je vis est magnifique, et que je me dois, instant après instant profiter et estimer fortement tout ce bonheur qui m' envahit. J' aime me préparer, enfiler ma robe rayée qu' il aime tant ou bien ma jupe en jean. Changer de boucles d' oreille assez souvent, ou bien essayer d' associer les couleurs parfaitement (et pourtant c' est dire si ça m' est difficile! ). Penser Angers, Caen, Le Havre. Pour lui. Etre dans le flou, pour lui. Projeter quand même. Penser vacances, soleil, soirées. Penser week- end en Bretagne et maison des parents au bois de pin. Penser kouign amann, gâteau breton, guin ru et Granp'. Penser Pointe de Trévignon, Trénez et les glaces au melon. Ou bien pailled'or framboise sur le sable. Kayak de mer et crème solaire. On en est loin encore. J' ai envie de partir, de vivre autre chose et l' année prochaine ne s' annonce pas si simple que j' aurais pu le penser. Mais la vie n' est jamais simple. Sinon pourquoi vivre? Je pense travailler encore ce soir, relire mes cours, faire des fiches. Occuper mon temps libre. Ce soir je suis libre, demain je dormirai profondément. Je me lèverai à l' heure que je désire. Je prendrai un bon gros petit déjeuner, elle arrivera et nous prendrons un café sur la terrasse. Espérons que le soleil revienne, les jours sont tellement tristes. Je n' aime pas l' hiver, je supporte encore plus difficilement le froid sans soleil. Les oiseaux m' agacent, ils émettent un son affreux, qu' à force, je ne supporte plus. Alors que d' autres le trouve agréable. Je ne suis pas les autres.










Je me souviens.
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# Posté le mercredi 30 janvier 2008 15:55

Modifié le mercredi 06 février 2008 07:35

Et après ça est- ce que l' on se dit (encore ) "vivement vendredi "?

C' est fou, moi à force je n' en ai même plus envie. Tout prévoir dès le dimanche soir, imaginer la soirée dès le lundi, prévenir les autres le mardi pour finir par regretter le tout mercredi. Je ne sais pas si l' on perd son temps. Mais on perd l' envie en tous cas, chose sûre. J' en ai fichtre rien à faire de la distance qu' il y a à parcourir entre Sydney et Brisbane. Il en va de même pour la puissance agricole des Etats- Unis ou bien pourquoi Rudolf n' a jamais été accepté dans sa famille en tant que musicien. Est- ce que concrètement j' en aurai quelque chose à faire quand je serai éduc'? La question ne se pose même pas à dire vrai. Ca me dépasse déjà tellement. Pourquoi ils nous saquent comme ça, dites- moi. Leur but c' est de nous achever? Non parce que c' est à se demander. Voilà ce que j' avais ici, de coincé, entre les émotions. J' en ai marre, même si je n' aime pas cette phrase parce qu' elle ne rime à rien. Surtout lorsque l' on mène une jolie petite vie. C' est injuste, monstrueusement injuste et je l' ai dit. Mais ce soir j' en ai marre. Le pire c' est que je n' ai plus les mots pour me réconforter. Tu verras, y' aura l' écrit d' allemand pour te redonner le sourire, celui d' anglais pour remonter le niveau. Et bien même pas. Il y a Frère Laurent demain, et puis l' escritor Rodo jeudi, quinze heures. C' est tout. Après ça il faut continuer à sourire, dire bonjour en classe, ne pas tirer la tronche quand on se tape une note en dessous de nos espérances, éviter les miaulements incontrolés, laisser passer ceux qui sortent, jeter son mégot dans l' engin blanc plein de sable qui fait office de cendrier, ne pas dire que rihanna se trémousse comme une pute dans son clip, boire son café et arrêter de chanter: ça énerve les gens paraît- il, cesser d' être jalouse, éviter les 'petites notes ' qui finissent toujours par s' allonger et devenir grandes, être en forme le soir quand il rentre, être attentive à ses deux parents, bien faire ce qu' il faut à la maison, téléphoner ou bien écrire à Mamie même quand on en a pas vraiment le temps, ranger cette chambre qui n' est alors plus la mienne, ne pas faire de bruit quand je rentre le week- end, faire attention à mon foie, prendre des rendez- vous mécicaux, prévoir d' aller faire ma prise de sang (et m' évanouir, sûrement ), ranger mes affaires sur le bureau parce qu' après je ne m' y retrouve même plus, ne pas se démoraliser, prendre confiance, avoir confiance, être gentille avec tout le monde, tout le temps. Ce n' est pas possible. Apprendre pour apprendre ne mène à rien.



# Posté le mardi 29 janvier 2008 12:14

C' est demain que tout commence.

Cela me fait peur. J' ai peur de la page blanche, de l' oubli, du trou noir, de la confusion, du hors sujet, de l' absence d' idées, de l' éternel manque de méthode. Je ne suis pas forte du tout ce soir, je ris pour oublier mon stress, je me venge sur les gens du dimanche au Flan d' Eau avec mon Gros mec, je crie pour évacuer, je chante avec Marie pour me soulager de cette peur indélébile du nouvel échec. Je ne suis pas forte. Je ne le serai jamais dans ces moments. J' ai envie de tout autre chose, pouvoir me coucher à n' importe quelle heure et ne pas me soucier de mon état du lendemain. Ne pas entendre le réveil à sept heures demain matin, ne pas être assomée par la fatigue et le son de la radio dans la salle de bain. C' était apaisant tout aujourd' hui, on a bien mangé et bien rigolé. On a fait les abruties de service et mon Gros s' est ramené, on a parlé, et tout va bien. "Bah oui, parce qu' elle est bien comme elle est notre relation. " A ce moment je suis forte, plus forte que tous.

# Posté le dimanche 27 janvier 2008 14:41

Il fait beau dehors. Aujourd' hui je dois apprendre. Je reste ici, enfermée.

C' est fragile, la vie. On ne tient qu' à un fil, tous. C' est autre chose que les cordes de nécessité dans les Pensées de Pascal. Même si je comprends et que j' y crois, ce que l' on vit est toujours différent de ce à quoi l' on peut s' attendre. C' est le piège, le risque de la vie. Tant pis si l' on se trompe, au moins on essaie. Moi je me laisse souvent trop vite emporter. Mes émotions me retiennent prisonnière, c' est fou, je ne peux rien contre. Si, je pourrais lutter. Après tout c' est ça vivre, lutter. Hier je n' ai pas su faire ça, ce que j' aurais dû. Etre là, avec lui, se retrouver, s' embrasser au premier sens du terme, être serré l' un contre l' autre, coller ma peau à la sienne, lui déposer un baiser sur le front, passer ma main dans ses cheveux ou bien sous son pull, atteindre ses fesses. Je ne sais pas, j' aurais pu. C' est vrai. Mais je n' ai pas. Je m' en veux, mais après coup. Trop d' orgueil, sûrement. J' n' aime pas cette idée. Je me sens si faible de reconnaître certaines de mes erreurs. La liste n' est plus si longue. Mais j' ai été nulle. Réagir au quart de tour, me laisser envahir par les émotions, exploser en larmes, hausser la voix. Je ne sais pas être dans la mesure des choses. Je ne sais pas me retenir, faire attention aux mots, aux gestes, aux regards. Je suis impulsive et cela m' embête.

# Posté le dimanche 27 janvier 2008 09:23